Éolien

 

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Données 11 Mars 2009 "Le vent tourne pour l’énergie éolienne…"

 

L’énergie éolienne est au cœur de toutes les discussions. Malgré l’unanimité des opinions positives sur ses effets, les permis de construire ont nettement chuté l’année dernière (2008). Intégration dans le paysage, suppression de la taxe professionnelle, lobbies anti-éoliens, confusion dans l’établissement de ZDE (zones de développement éolien)… autant d’obstacles à la progression de ces énergies renouvelables.

 

 37 % d’augmentation. En 2008, les nouvelles éoliennes installées sur le territoire national ont permis d’accroître de 37 % la puissance électrique, passant de 950 MW à 3040 MW. Soit la moitié des nouvelles capacités électriques installées. Dans ces conditions, et au vu de l’attrait des Français pour l’éolien, comment croire que le parc éolien ne se développe pas davantage ?

Pourtant, le SER (Syndicat des Énergies Renouvelables) est catégorique, le nombre de permis de construire accordés depuis mi-2008 a chuté. Pire, il a été divisé par 2,5.

 

Des lobbies très actifs

 

« Les questions d’intégration dans le paysage deviennent de plus en sensibles », précise Christian Dugué, le président de l’association France « Énergie Éolienne ». Or, selon une étude menée par le cabinet LH2, 90 % des Français interrogés sont favorables au développement de l’énergie éolienne, qu’ils considèrent comme une priorité d’abord environnementale avant énergétique.

Pourquoi alors les préfets se cachent-ils derrière cette excuse de pollution visuelle ? Une autre théorie s’échafaude en coulisses. Il semblerait que certains préfets, séduits par les lobbies anti éoliens, « trainent des pieds et retardent la promulgation des permis de construire ». Pour preuve, le préfet du Pas-de-Calais, a été sommé en 2006 de revoir sa copie concernant les 34 permis de construire qu’il avait préalablement refusés.

 

Des ZDE difficiles à établir

 

A ce sujet, les préfets n’ont pas tardé à monter au créneau. Réfutant toutes les prises de position dont on les accuse, ils rejettent la faute sur les ZDE, ces zones de développement éolien, initiées par les collectivités locales désireuses d’accueillir des éoliennes sur leur territoire.

Or, face à cet engouement difficile à contenir, la loi impose désormais que ces ZDE soient compatibles avec les nouveaux schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, dont la charge revient aux préfets. Et que font-ils ? Loin de s’atteler à la tâche, ils patientent… Après tout, en 2008, l’énergie éolienne n’a permis d’éviter le rejet que de 1,65 million de tonnes de dioxyde de carbone !

 

Un coup d’arrêt présidentiel ?

 

L’annonce présidentielle de supprimer la taxe professionnelle à l’horizon 2010 ne fait pas non plus les affaires de l’énergie éolienne. Loin de n’intéresser que les partisans d’une énergie propre, l’éolien s’attire aussi les faveurs de nouveaux responsables de collectivités plus mercantiles qu’écolos. La taxe professionnelle constituait pour eux une parfaite monnaie d’échange pour calmer certaines oppositions farouches !

 

Mais tous ces bâtons dans l’hélice de l’énergie éolienne ne semblent pas tarir l’engouement des Français. Et ils ne sont pas les seuls : 2008 a vu l’énergie éolienne progresser de 29 % dans le monde et les États-Unis devenir la première puissance éolienne du monde.

 

PETITE CHRONOLOGIE …

Entre 1993 (5,4 TWh) et 1999 (22 TWh), avec une hausse de production de 25% par an en moyenne, la filière éolienne est le mode de production d'énergie qui a enregistré la plus forte croissance dans le monde.  Sa progression est particulièrement sensible en Europe de l'Ouest qui assure 64 % de la production mondiale en 1998 et devance désormais les Etats-Unis (21 %). Cet essor spectaculaire tient à la maturité technologique de la filière et aux programmes mis en oeuvre pour la dynamiser.

En France, où la filière s'approche du seuil de compétitivité pour les sites à fort potentiel, le gouvernement a lancé en 1996 le programme "EOLE 2005" qui vise une puissance éolienne installée de 250 à 500 MW en 2005.  En janvier 2000, le plan français de lutte contre l'effet de serre a fixé un objectif de 3 000 MW en 2010. Le nouveau programme gouvernemental porte sur la réalisation d'au moins 5 000 MW à l'horizon 2010, conformément au projet de Directive Européenne sur les énergies renouvelables.

 

Lancement des appels d'offres, choix des opérateurs, participation aux investissements et aux développements techniques, achat de l'énergie produite à prix préférentiel durant 15 ans : le groupe EDF s'est résolument engagé dans le programme EOLE 2005. Il contribue aussi au développement de l'éolien à l'étranger, au Maroc notamment. Désormais, la société SIIF Energies, filiale d'EDF à 35%, développera entre autres des parcs éoliens pour le groupe EDF.

Une rentabilité avérée pour des missions spécifiques

La rentabilité des installations éoliennes dépend de la "qualité" du gisement de vent. L'énergie éolienne peut être utilisée principalement :

  • comme ressource d'appoint pour réduire le recours à la production thermique lorsque celle-ci serait nécessaire, ce qui se produit surtout en hiver. C'est la fonction du "grand éolien" (200 kW et jusqu'à 2,5 MW de puissance unitaire de la turbine) qui produit une électricité dont le coût varie entre 50 et 30 centimes par kWh,
  • comme source d'alimentation des sites trop isolés pour être raccordés au réseau à un prix compétitif. On utilise alors le "petit éolien" (jusqu'à 60 kW) qui produit une électricité dont le coût dépasse 1 franc par kWh,
  • comme source d'alimentation de sites insulaires présentant des contraintes climatiques ou d'accessibilité. On utilise des machines de 10 à 200 kW et le coût du kWh oscille entre 50 centimes et 1 franc.

En France, la filière éolienne a produit 48 GWh en 1999.

"Eole 2005" : une nouvelle impulsion

Lancé par le gouvernement en 1996, le programme "EOLE 2005"  a pour objectifs :

Le groupe EDF a été chargé du lancement et de la préparation de ce programme : à la suite d'appels à propositions, 55 projets d'une puissance totale de 361,4 MW (près de 50 fois la puissance installée avant le démarrage d'EOLE 2005) ont été retenus dans dix régions en métropole et dans les DOM TOM où le recours à l'énergie éolienne se substitue à l'emploi d'énergies fossiles coûteuses et moins respectueuses de l'environnement (groupe diesels). L'électricité produite par ces installations bénéficiera durant vingt cinq ans dont quinze ans de prix stables d'achat par EDF.

Fin 2000, 15 projets (d'une puissance installée totale de 54 MW) étaient réalisés : à St Pierre et Miquelon, en Guadeloupe (Petit Canal, Petite Place, Morne Constant, La Désirade), dans la Drôme (Donzère), l'Aude (Lastours, Sigean, Souliella), le Pas-de-Calais (Widehem), le Finistère (Goulien, Plouarzel) et en Corse (Toricella, Rogliano).

L'implication dans le développement mondial

Hors de France, le groupe EDF contribue aussi à la mise en valeur de gisements éoliens rentables. Il a ainsi participé au financement et à la construction d'une ferme d'une puissance de 50 MW mise en service durant l'été 2000 à Koudia Al Baïda, près de Tétouan au Maroc.

84 éoliennes de 600 kW fournissent 2 % de la production électrique marocaine, c'est-à-dire la consommation de près de 400 000 personnes, à un prix très compétitif grâce à la qualité exceptionnelle du gisement de vent. Un projet similaire est en cours au Portugal.

 

Fonctionnement et vents favorables

Une installation éolienne comporte une hélice (généralement à 2 ou 3 pales), un rotor et une génératrice. Le vent entraîne les pales qui font tourner le rotor. La puissance fournie est proportionnelle au cube de la vitesse du vent. La rentabilité des éoliennes dépend donc de la qualité du gisement de vent.

Si la vitesse du vent est inférieure à 3 ou 4 mètres par seconde, l'éolienne ne tourne pas suffisamment pour produire de l'électricité.

En revanche, des vitesses excessives nécessitent de recourir à des technologies particulières : composants haute résistance pour affronter les brusques variations et pointes de vitesse du vent, systèmes de régulation pour empêcher les hélices de s'emballer ou encore, comme celles de La Désirade, mat articulé pour coucher les éoliennes au sol lors d'un cyclone.

Puissance, objectifs …

La puissance des installations implantées sur la terre ferme varie : petites unités (jusqu'à 200 kW) bien adaptées à l'électrification des sites isolés ou à l'alimentation de petits réseaux, mais aussi éoliennes de 1 500 kW. Les machines les plus fréquemment installées actuellement sont des modèles de 750 kW à 1,5 MW. Comme celles de Sallèles-Limousis dans l'Aude (10 éoliennes bipales de 43,4 mètres de diamètre installées à 48 mètres du sol) ou encore les éoliennes "nouvelle génération" développées par Jeumont Industrie qui équipent la centrale de Widehem (Pas-de-Calais).

L'objectif à moyen terme des industriels est de produire une machine supérieure à 3 MW pour une implantation au large des côtes. Les vents sont importants et surtout réguliers, l'espace ne manque pas. Un fabricant allemand travaille sur un prototype d'éolienne offshore de 4,5 MW. La première ferme éolienne française off-shore (10 éoliennes de 750 kW) pourrait voir le jour d'ici 2003 au large de Dunkerque.

Des éoliennes pour   " l'électricité verte "

Graninge, entreprise du groupe EDF en Suède, est un acteur reconnu dans le domaine des énergies renouvelables. Il offre un poste avancé pour étudier une offre d'expérimentation d'électricité verte (ou "green pricing") à partir d'énergies renouvelables.

Ce concept, qui a émergé en même temps que l'ouverture des marchés électriques, s'est développé surtout dans les pays d'Europe du Nord et en Allemagne ainsi qu'aux Etats-Unis (Californie et Pennsylvanie).

Il consiste à vendre de l'électricité à un prix plus cher en garantissant au client que celle-ci a bien été produite à partir d'énergie propre ou renouvelable. Le projet de directive européenne sur les énergies renouvelables prévoit notamment la mise en place par les pays concernés d'un système de certification fiable et véritable pour prouver l'origine "verte" de l'électricité déclarée comme telle.

En Suède, 5 à 10 % des clients de Graninge ont opté pour l'électricité verte vendue 10 % plus chère et produite à partir d'éoliennes. Graninge accompagne cette fourniture d'une offre de services (vente d'audits énergétiques) pour aider ses clients à utiliser l'électricité verte de façon optimale. Il a obtenu la certification ISO 14001 et le label Energie verte de l'association suédoise de protection de la nature.

 

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