Biomasse

Le terme biomasse recouvre un champ très large : bois, déchet des industries de transformation du bois, déchets agricoles (paille, lisiers, bagasse, etc..), fraction fermentescible des déchets ménagers et des industries agro-alimentaires, biogaz de décharge ou produits de méthanisation (lisiers, boues d’épuration, décharges, etc …)

Le pouvoir calorifique de la matière organique peut servir à produire de l’électricité à partir de procédés thermiques (Pyrolyse, gazéification, combustion directe) ou à partir de procédés biochimiques (digestion anaérobie ou méthanisation).

La biomasse ligneuse, c’est-à-dire : le bois, la bagasse (fibre de la canne dont le sucre), la paille, est essentiellement utilisée dans des procédés à la base de combustion.

Ainsi, dans les DOM, les centrales thermiques (à combustion directe) bagasse-charbon fonctionne plusieurs mois par an avec la bagasse (campagne sucrière) et le reste du temps avec du charbon importé. La vapeur qu’elle génère est utilisée pour la production d’électricité, puis pour l’élaboration du sucre.

Exploiter la biomasse pour produire de l’électricité, c’est valoriser toute matière d’origine organique : végétaux (bois) ou leurs résidus mais aussi déchets organiques produits par l’homme : ordures ménag&eagrave;res, biogaz de décharge. Deuxième source d’énergie renouvelable dans le monde après l’hydraulique, la biomasse a contribué à la fourniture de 155 TWh dans le monde en 1998 (2,1 TWh en France en 1999).

Bagasse dans les DOM

Résidu de la canne à sucre, la bagasse a un pouvoir calorifique supérieur à certains charbons et son incinération produit peu de cendres et quasiment pas de soufre. C’est une ressource abondante dans les DOM où elle peut se substituer partiellement aux combustibles fossiles importés : l’île de la Réunion dispose de 640 000 tonnes de bagasse par an, l’équivalent de 120 000 tonnes de fuel lourd.

Avec Charbonnages de France, EDF a réalisé les centrales du Gol et de Bois Rouge qui fournissent de l’électricité à partir de la bagasse produite pendant les six mois de campagne sucrière et à partir de charbon le reste de l’année. Avec une très bonne disponibilité, elles assurent 44 % (870 765 MWh) de la production électrique de l’île de la Réunion (1 757 071 MWh produits par ces centrales en 2000) et alimentent en vapeur les sucreries voisines. Une troisième installation (60 MW), mise en service à La Guadeloupe au Moule en 1999, a produit 415 267 MWh en 2000.

Vitrine d’un savoir-faire français, ces expériences intéressent les pays producteurs de canne à sucre (Chine, Inde, Cuba …) et la construction d’une centrale est engagée à l’île Maurice.

Autre procédé de valorisation de la biomasse, encore au stade du développement : le "Bioflow" testé depuis 1997 avec l’électricien suédois Sydkraft sur l’installation pilote de Värnamo pour produire de l’électricité et de la vapeur à partir de déchets forestiers.

Les déchets ménagers

En Europe, chaque habitant produit en moyenne par jour 1 kg d’ordures ménagères dont 60% de déchets combustibles qui peuvent être retraités pour produire de l’électricité ou de la vapeur destinée à alimenter les réseaux de chauffage urbains. En incinérant une tonne d’ordures, on produit 300 à 500 kWh.
Les filiales spécialisées d’EDF, notamment le groupe TIRU, proposent aux collectivités des solutions et des services pour valoriser ces déchets ménagers. Elles ont incinéré et valorisé plusieurs millions de tonnes de déchets ménagers en France et dans le monde, produisant des milliers de GWh d’électricité dont les 4/5 en France. En incinérant les ordures ménagères de la région parisienne, TIRU a produit 165 GWh et 4 millions de tonnes de vapeur en 1999.

Mélange de méthane (45 à 65%), de gaz carbonique (20 à 35%) et d’azote, le biogaz est issu de la décomposition par fermentation des matières organiques, en l’absence d’aération continue. Il est produit partout où sont stockés des déchets organiques en particulier les décharges d’ordures ménagères et les stations d’épuration des eaux.

En 1999 EDF a lancé un appel d’offres et retenu cinq projets (d’une puissance totale de 13 MW) d’installations de valorisation de biogaz de décharge sur les sites des centres d’Hussigny (Meurthe-et-Moselle), du Cannet (Var), de Ferrolles-Atilly (Seine-et-Marne), de Sonzay (Indre-et-Loire) et d’Hersin Coupigny (Pas-de-Calais). L’installation de Sonzay (2,4 MWe) a livré ses premiers kW biogaz sur le réseau fin 2000.