Besoin d’agir

 Besoin d’agir

« L’horizon de l’humanité, c’est d’abord un usage raisonnable du progrès mais surtout une progression constante vers le véritable progrès qui est d’ordre éthique, moral et spirituel. Nous devons retrouver les valeurs premières de l’humanisme, l’art de se parler et non plus d’être des numéros gérés par des machines » …
Cette pertinente réflexion émane de Jean-Marie PELT, botaniste, écologiste, écrivain… un homme que l’on ne présente plus et qui piaffe d’impatience d’endosser la tunique de Grand témoin de ces prochaines « 4èmes Assises de l’Energie et du Développement Durable dans les Régions Ultra Périphériques » de l’Union européenne.
Empressement bien compréhensible car ce puits de sciences président-fondateur de l’Institut Européen d’Ecologie (IEE)  de Metz connaît parfaitement l’immense valeur patrimoniale que recèlent la Guyane et ces îles à connotation tropicale qui constituent la trame des RUP.
Il sait que toutes ces régions souvent très éloignées du Vieux continent cultivent une solide personnalité historique, sociale et surtout naturaliste en raison du fort taux d’endémisme qui caractérise leur biodiversité. Chacun de ces territoires est donc unique et par conséquent fragile, très fragile même, car directement exposé aux agressions de ce progrès qui inquiète tant Jean-Marie PELT.
Face à cette réalité, la thématique « Habitat durable et Santé » retenue par le rendez-vous guyanais est un excellent choix stratégique.
Confronté à une croissance démographique de plus en plus prégnante qui induit une demande accrue en énergie, logements, infrastructures et biens de consommation, l’équilibre si vulnérable des milieux insulaires et de la Guyane, cette vitrine enclavée de la vieille Europe en Amérique latine, subit de plein fouet les dégâts collatéraux qu’une telle évolution débridée engendre, notamment en matière de déchets et d’insalubrité.
Tout cependant n’est pas perdu.
Grâce à leur spécificité biogéographique, leur position au voisinage immédiat de pays souvent enlisés dans la pauvreté, les RUP peuvent et doivent devenir vite les laboratoires d’un développement compatible avec le seuil de production renouvelable des systèmes naturels.
Déjà pour elles, mais aussi pour montrer l’exemple aux autres. A elles de défricher les pistes des quatre défis majeurs à relever : l’eau, la biodiversité, les pollutions chimiques et le changement climatique.
Le challenge est à leur portée, en particulier dans le domaine de l’énergie : quels lieux mieux que ces terres baignées de soleil se prêtent aussi bien à l’application du florilège de technologies alternatives et propres proposé par une filière où règne l’innovation ?
Après l’île de La Réunion, les Açores et la Guadeloupe, la 4ème étape de ces Assises originales de l’Energie et de l’Habitat voudra démontrer que les principes de la durabilité écologique représentent la plus grande possibilité d’investissement dans l’histoire, que l’horizon de la « révolution environnementale » chère à cet autre pionnier du développement durable qu’est Lester R. Brown n’est pas une utopie comme une poignée de négationnistes de la crise écologique le soutient encore, mais un enjeu de créativité et d’humanisme.
Patrice COSTA – Journaliste Grand Reporter (membre du Conseil du COEDADE)